
Delphine Bachmann
Conseillère d’État chargée du DEE
© Magali Girardin
Une politique territoriale au service des entreprises
Pouvoir installer ses activités sur un site et dans des locaux adaptés est un enjeu crucial pour une entreprise. Il est essentiel que les besoins particuliers de celles et ceux qui font la prospérité du canton soient pleinement intégrés aux différents programmes de développement du territoire genevois et de ses infrastructures. Le futur projet d’agglomération, tout comme le prochain plan directeur cantonal doivent prendre en compte les spécificités des activités économiques. Dans cette même logique, j’ai rejoint le comité de pilotage du secteur Praille Acacias Vernets pour y porter la voix des entreprises. Ces démarches font partie intégrante de la politique de soutien à l’économie et plus particulièrement de soutien à l’industrie menée par mon département et qui est notamment portée par la FTI.
À l’heure où le monde traverse une période d’incertitude inédite, où les fondements de l’économie de libre-échange tels que nous la pratiquons depuis plusieurs décennies sont remis en question, l’industrie locale reste l’un des principaux moteurs de notre prospérité, générant près de 16 % du PIB du canton et représentant 14 % des emplois. Face aux remous actuels, l’État et ses partenaires doivent être proactifs pour proposer un soutien ponctuel et adapté aux besoins spécifiques de l’industrie, notamment pour encourager l’innovation. La nouvelle stratégie économique cantonale propose plusieurs leviers pour faciliter, renforcer et diversifier l’activité industrielle dans le canton, que ce soit en termes de financement, de développement de l’écosystème et d’infrastructures.
Déjà essentiels pour le développement du tissu économique et industriel genevois, le rôle et l’expertise de la FTI vont ainsi encore gagner en importance. Savoir que les entreprises – qui font la richesse, la diversité et la prospérité de notre canton – peuvent s’appuyer sur un partenaire d’une aussi grande qualité et fiabilité est particulièrement précieux.
Ces prochaines années, le développement du parc bâti de la Fondation, tout comme l’acquisition de nouvelles surfaces participeront pleinement au dispositif de soutien à l’activité industrielle du canton. De même, la montée en puissance des écoParcs favorisera les synergies et les collaborations entre les entreprises, encourageant ainsi l’émergence de solutions innovantes et d’opportunités commerciales, en respectant les principes de durabilité.
Le savoir-faire et le dynamisme que la FTI incarne sont un maillon fondamental de la chaîne de valeur de l’industrie genevoise. En plaçant l’aménagement du territoire au service de l’économie réelle, nous faisons le choix d’un canton qui répond aux besoins des entreprises, pour qu’elles puissent continuer à prospérer au service du bien commun.

Guy Vibourel
Président du Conseil de fondation
Guillaume Massard
Directeur général
La FTI évolue dans un contexte de profonde mutation du territoire qui impacte directement les périmètres dédiés aux activités industrielles et artisanales. Le point avec le Président du Conseil et le Directeur général de la Fondation.
Le territoire genevois est en ébullition, on le voit dans le PAV, avec une incidence directe sur les activités du secteur secondaire. Dans ce contexte, quelles sont les priorités de la FTI ?
Guy Vibourel (GV) – Le secteur Praille Acacias Vernets constitue la pierre angulaire de cette mutation et il est aujourd’hui déclassé : cela veut dire que les surfaces en zones industrielles sont désormais réduites à 712 hectares, soit un peu moins de 3 % du territoire du canton. Un tiers de ces surfaces est propriété de la FTI.
Partant de cela, les priorités de la FTI s’articulent autour de trois axes. D’abord, trouver de la place pour chaque entreprise dans un contexte de forte pression foncière. Ensuite, développer de nouveaux projets immobiliers qui répondent aux besoins des entreprises. Enfin, travailler avec les acteurs publics et privés afin d’améliorer la qualité fonctionnelle des quartiers industriels.
Sur le terrain justement, entre premier coup de pioche et bouquets de chantiers, quels projets ont marqué l’année écoulée ?
Guillaume Massard (GM) – Sur les terrains propriétés de la FTI, 2025 a en effet été très dynamique. Commençons par le chantier de la coopérative COOFIFI, aux Cherpines, lancé en août. Ce projet en droit de superficie est porté directement par les entreprises coopérantes, majoritairement issues du PAV.
Je pense aussi à l’inauguration au Lignon du premier centre cantonal de traitement et de dépollution des matériaux de chantier doté d’un accès direct au rail. C’est l’entreprise Ebiox qui a développé ce projet. Il profitera à tout le secteur de la construction.
D’autres projets développés sur la base d’un DDP méritent amplement l’attention, comme celui de Carré Immo dans la ZIBAY ou de Twin Park au Grand-Saconnex.
Derrière ce dernier projet justement, il y a une approche très innovante de la FTI dans l’attribution des droits de superficie. Pouvez-vous nous en dire plus ?
GV – Effectivement, il est question d’une première attribution de DDP par le biais d’une mise au concours. Elle concernait deux parcelles de la zone de Bois‑Brûlé, au Grand‑Saconnex ; le projet lauréat, destiné aux artisans et aux PME, devrait être commercialisé en propriété par étage dès 2029. Nous sommes convaincus du bien‑fondé de cette pratique qui apporte transparence et équité. Un second appel d’offres sera lancé en 2026 dans la ZIMOGA.
Un autre axe de développement concerne la valorisation du parc bâti de la Fondation…
GM – Nos investissements ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois. Nos équipes cherchent à proposer des bâtiments durables, performants et adaptés aux besoins des entreprises. L’année 2025 nous a apporté un exemple emblématique avec la rénovation aux normes HPE d’un bâtiment mis à disposition des Ateliers Casaï, une menuiserie locale active depuis 165 ans, et de ses 60 collaborateurs.