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Des milliers d’emplois du futur trouvent leur place sur la carte du canton

Zones industrielles : Le Conseil d’Etat valide les plans de zones industrielles à Mouille-Galand et à La Pallanterie.

Quelque 4800 nouveaux emplois à Mouille-Galand (aux confins de Vernier, Meyrin et Satigny) et 2000 autres à La Pallanterie, à cheval entre les territoires de Collonge-Bellerive et Meinier. C’est ce que permettent de créer à terme les documents de planification que le Conseil d’Etat a validés jeudi dernier. L’Exécutif a adopté deux plans directeurs qui doivent permettre à l’industrie et l’artisanat genevois de déployer leurs activités.

Il y aura de quoi faire. Le potentiel des nouveaux plans permet d’envisager 370 000 mètres carrés de surfaces brutes de plancher à Mouille-Galand et 69 000 à La Pallanterie. «C’est de trois à quatre fois ce qu’il y a dans la totalité de Palexpo, halle 7 comprise, dans le premier cas, et sept dixièmes de Palexpo dans le second», illustre François Longchamp. Le président du Conseil d’Etat souligne que les communes concernées se sont déclarées favorables à ces développements. «On le serait à moins, sourit-il. Les principales ressources d’une commune sont liées à la présence non pas d’habitants mais plutôt d’emplois se trouvant sur son territoire. Les communes qui accueillent de telles zones figurent parmi les mieux loties!»

Qu’en est-il à Vernier? Cette ville abrite la plus grande partie du territoire de Mouille-Galand, qui fait figure d’extension orientale de la vaste zone industrielle de Meyrin-Satigny (ZIMEYSA) et qui inclut, dans sa partie méridionale, un vaste triangle agricole dont le destin industriel avait déjà été décidé par le Canton en 2008.

D’abord ranger sa chambre

En l’occurrence, la Commune ne voit pas que des avantages financiers dans le nouveau plan. «Il permet de densifier l’utilisation du secteur et d’y loger davantage d’emplois, plutôt que des hangars, commente le maire, Yvan Rochat. Comme le voulait Vernier, on applique le principe selon lequel on range sa chambre avant de vouloir l’agrandir.»

Le plan prévoit toutefois des densités différenciées. De fortes concentrations d’emplois sont par exemple prévues à proximité de la halte ferroviaire de la ZIMEYSA alors qu’on a veillé à limiter les gabarits dans les parties qui jouxtent la zone villa qui s’insère entre le quartier industriel et le village de Vernier. On a par ailleurs interdit l’installation d’établissements nocturnes à proximité des secteurs habités.

Le nouveau plan fait disparaître une bonne partie de la route de Montfleury. «Sa disparition est programmée à terme et ses usagers actuels n’en seront pas chassés, rassure Roberto Grecuccio, chef de secteur à l’Office de l’urbanisme. La suppression de cet axe permet de créer des lots plus rationnels.» Le quartier bénéficiera à terme d’un lien avec l’autoroute de contournement grâce à un axe qui le reliera au futur demi-échangeur de Vernier-Canada, à créer sur la rive droite du Rhône.

De l’oxygène pour le PAV

Les apports de Mouille-Galand et La Pallanterie peuvent-ils débloquer la transition urbanistique prévue à La Praille dans le cadre du projet PAV qui nécessite la délocalisation d’une partie des entreprises présentes sur le site?

«Cette offre peut favoriser un mouvement important au PAV, ce d’autant plus qu’une bonne partie de ces nouvelles surfaces ne sont pas encore bâties, estime Yves Cretegny, directeur de la Fondation pour les terrains industriels. Mais cela ne suffit pas. Il faut avant tout que les entreprises puissent vendre leurs actuels droits de superficie à la future fondation PAV dont la création dépend encore d’un vote du Grand Conseil.»

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TDG : 2.08.2017 par Marc Moulin