Rédaction genie.ch | Sébastien Bourqui | 16.03.2026

Parmi les lauréats du DÉFI’25 de la FTI, la coopérative Origo a démontré avec le projet Renouée-Renouveau le potentiel insoupçonné d’une plante invasive dans l’élaboration d’un isolant biosourcé. De quoi intégrer un déchet jusqu’ici incinéré dans une boucle d’économie circulaire et participer à la séquestration du carbone.
Rencontre avec Olivier Dahenne, Ingénieur et formateur, coopérative Origo
Qu’est-ce qui réunit les membres de la coopérative Origo ?
autour des questions de durabilité appliquées au bâti. Ce qui distingue la coopérative, c’est son approche multidisciplinaire, dans la mesure elle rassemble toutes les strates de la construction, de l’ingénieur civil à l’artisan en passant par l’architecte.
Nos activités sont tout aussi diversifiées. Elles vont de la planification à la réalisation de projets de construction, sur un modèle coopératif et de co-responsabilité, mais également de la recherche, de la formation et des actions de solidarité autour de la construction durable. Nous répondons donc également à des mandats en tant qu’experts, par exemple pour la réalisation d’études ou la conduite de travaux de construction géo-biosourcés. Nous sommes d’ailleurs actuellement sollicités dans le cadre du projet de patinoire de Trèfle-Blanc pour la sélection des matériaux.
C’est dans le domaine de la recherche que vous avez soumis le projet Renouée-Renouveau aux jurés du Défi’25. De quoi s’agit-il ?
Sur le fond, il s’agit de valoriser une plante hautement invasive en un isolant performant. La renouée du Japon fait partie de ces végétaux que l’on a importé pour ses qualités décoratives mais qui aujourd’hui fait partie des 100 pires espèces invasives… On en trouve partout à Genève, près des cours d’eau, des voies de chemin de fer ou en bordure d’autoroute. En raison de son mode de reproduction extrêmement résilient, on estime sa croissance en Suisse à 130% par année ! Malgré tout, la renouée peut aussi avoir des qualités. Elle pousse très vite, capte du carbone et sa partie ligneuse est très alvéolée : c’est justement ce que l’on recherche dans les matériaux isolants qui doivent avoir la capacité de séquestrer de l’air.
Quels sont ses avantages par rapport à d’autres matériaux isolants ?
Le process que nous proposons permet de transformer un déchet en ressource : (…)