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Confignon se dote du tout premier écoParc industriel

écoParc des Cherpines

La dynamique des écoParcs industriels se concrétise aux Cherpines à Confignon. La FTI valorisera 13 ha, qui accueilleront 2’500 à 3’000 emplois. Les premiers bâtiments sont prévus pour 2020-2021.

Céline Garcin

Une minirévolution souffle sur les zones industrielles genevoises. En vue d’une meilleure utilisation du sol, la Fondation des terrains industriels (FTI) cherche depuis quelques années à transformer ces espaces à l’aménagement souvent anarchique en «écoparcs». Ce concept novateur doit en outre permettre de concilier activité économique et développement durable. Il se déploiera pour la première fois à Confignon, dans le futur quartier des Cherpines.

Un terrain vierge

Là, sur les 13 hectares du terrain agricole situé le long de l’autoroute, tout est encore à construire. C’est l’occasion pour la fondation et la Commune de poser les conditions pour l’émergence d’un écoparc industriel modèle. «Nous n’avons pas à négocier avec les entreprises déjà implantées qui défendent leurs intérêts», note le maire, le PDC Dinh Manh Uong.

L’avantage n’est pas négligeable. Car l’écoparc tel qu’imaginé par la FTI est plus exigeant envers les sociétés. Il oblige ces dernières à davantage collaborer pour créer des synergies et partager certaines infrastructures, par exemple les parkings. «Les zones industrielles doivent aujourd’hui être pensées comme n’importe quel autre quartier», insiste Yves Cretegny, directeur de la FTI.

La fondation a défini cinq grands principes qui régiront les futurs écoparcs. Tout d’abord, ces zones ne seront plus pensées parcelle par parcelle mais dans leur globalité. «Plutôt que chaque entreprise ait sa cafétéria, on privilégiera un restaurant ouvert à tous les travailleurs de la zone», illustre Yves Cretegny. Les sociétés devront également s’inscrire dans une démarche d’«écologie industrielle». En d’autres termes, réfléchir à comment les déchets de l’une peuvent devenir les ressources de l’autre.

Les principes de l’écoparc imposent en outre que les bâtiments soient construits de façon à pouvoir être réaffectés facilement en cas de départ d’une industrie. Et que les différents acteurs de la zone – Commune, Etat, FTI, propriétaires, entreprises – gèrent ensemble le secteur. Réunis au sein d’une commission, ils veilleront à ce que les nuisances ne soient pas concentrées sur un seul site. Enfin, «l’implantation d’une entreprise sur un territoire ne sera plus dorénavant le fruit du hasard», conclut Yves Cretegny.

Des serres sur le toit

Si plusieurs zones industrielles du canton ont amorcé leur transition, celle des Cherpines est la première à se doter d’un règlement conforme à ces principes. Le maire de Confignon, Dinh Manh Uong, a présenté le document au Conseil municipal la semaine passée. Celui-ci a désormais quarante-cinq jours pour proposer d’éventuels amendements.

Jointe au règlement, une annexe liste d’autre part une série de recommandations pour favoriser «une certaine qualité de vie au sein du bâtiment industriel», mentionne Mario Rodriguez, secrétaire général adjoint de Confignon. Les constructeurs sont ainsi encouragés à utiliser les toits pour de la production énergétique, des loisirs ou de l’agriculture urbaine. «On pourrait par exemple aménager des serres sur les toits en souvenir des terres agricoles des Cherpines», suggère Mario Rodriguez.

Visuellement, en quoi l’écoparc différera-t-il des zones industrielles actuelles? «Il sera beaucoup plus dense, répond Dinh Manh Uong. On ne verra pas de bâtiment avec du terrain autour, comme c’est le cas à Plan-les-Ouates.» En effet, lorsqu’on divise le nombre d’emplois par hectare dans les deux zones industrielles, le ratio passe du simple au double d’une commune à l’autre.

En chiffres

L’écoParc industriel des Cherpines s’étalera sur 13 hectares – dont 10 constructibles – de la commune de Confignon. Les premiers bâtiments sont prévus pour 2020-2021. La zone abritera au total entre 2500 et 3000 emplois. A titre de comparaison, la zone industrielle de Plan-les-Ouates s’étend sur 62 hectares et compte 8500 emplois.

Source : Tribune de Genève