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Charte pour la biodiversité : Grande mobilisation pour sauver le Nant d’Avril

Plusieurs actions seront menées jusqu’en 2030 pour revitaliser ce cours d’eau, considéré comme le plus maltraité de Genève.

Tribune de Genève | par Xavier Lafargue | 26.11.2020

Genève vient de réactualiser la carte de ses cours d’eau. Qui l’aurait cru, il y en a 222! Et parmi eux, le Nant d’Avril. Il prend sa source à la frontière franco-suisse du côté de Meyrin, puis traverse Satigny pour se jeter dans le Rhône au niveau du bras de Peney. Un parcours de 6 kilomètres où il a été par endroits enterré, canalisé, ceint de murs de béton… De plus, il reçoit des eaux peu avenantes en provenance du CERN, de la Zimeysa (zone industrielle Meyrin-Satigny) ou encore des surfaces agricoles. Bref, cette rivière est considérée comme la plus maltraitée du canton. Mais sans doute plus pour longtemps.

Assurer la qualité de l’eau

Une charte visant à sa revitalisation vient d’être signée. Elle découle d’un large consensus regroupant notamment le WWF, le Canton, les communes de Meyrin et Satigny, le CERN, la Fondation pour les terrains industriels (FTI), AgriGenève ou encore le Fonds Vitale environnement des SIG. «Nous sommes assez fiers d’avoir pu fédérer autant de milieux très différents autour de ce projet ambitieux», relève Jean-Pascal Gillig, secrétaire régional du WWF Genève. Pas évident en effet de mettre autour de la table des agriculteurs, des industriels et des défenseurs de la nature.

«Nous sommes assez fiers d’avoir pu fédérer autant de milieux très différents autour de ce projet ambitieux.»
Jean-Pascal Gillig, secrétaire régional du WWF Genève

L’enjeu principal, c’est la qualité de l’eau. Malgré une première renaturation en 2018 – avec mise à ciel ouvert le long de la route du Mandement – «elle est médiocre», concède Jean-Pascal Gillig. Diverses actions sont prévues, pilotées par le WWF et l’État. «Nous serons responsables de plusieurs grandes étapes, notamment étudier les débits du Nant d’Avril afin d’assurer une meilleure qualité de l’eau et garantir des quantités suffisantes, enchaîne Franck Pidoux, de l’Office cantonal de l’eau. Quand la qualité sera bonne, on pourra commencer les travaux de renaturation, qui devraient durer de 2025 à 2030.»

Le retour de la truite

Quatre secteurs principaux sont concernés (voir la carte): en contrebas du quartier des Vergers, entre la route du Nant-d’Avril et le chemin de Mon-Désir – là où la rivière coule entre deux murs de béton décorés de graffitis – vers la zone sportive de Satigny et à l’arrivée dans le Rhône. «On espère que la truite reviendra dans le Nant d’Avril», indique Yves Bourguignon, de l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature. Ce serait un signe d’une bonne qualité d’eau retrouvée, qui rejaillirait sur l’ensemble de la biodiversité aux alentours de la rivière. «Avec, peut-être, de nouveaux habitats pour la salamandre et la couleuvre à collier», ajoute-t-il.

Un projet à 30 millions

On n’en est pas encore là, car ce projet, qui comprend de lourds travaux de terrassement et de démolition, s’étalera sur dix ans. Son coût est estimé à 30 millions de francs. Enfin, contrairement à la renaturation de l’Aire, par exemple, «il n’y aura aucune perte de surfaces agricoles», se réjouit Marc Favre, président d’AgriGenève.